Troubles musculosquelettiques : pourquoi sont-ils si fréquents et comment mieux les prévenir


Les troubles musculosquelettiques, plus connus sous l’acronyme TMS, constituent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. Ces troubles, souvent installés progressivement, touchent les muscles, les tendons, les articulations et parfois les nerfs, entraînant douleurs persistantes, limitation des mouvements et retentissement important sur la qualité de vie. D’après les données récentes  issues des travaux de Santé publique France et de l’Inserm, les TMS génèrent également un coût économique considérable. À l’échelle européenne, ils seraient responsables d’une perte de productivité pouvant atteindre 2 % du produit intérieur brut, ce qui illustre l’ampleur de leur impact, bien au-delà de la sphère individuelle.

Troubles musculosquelettiques : de quoi parle-t-on exactement ?

Les TMS regroupent un ensemble d’atteintes non traumatiques, c’est-à-dire non liées à un accident brutal, qui concernent principalement les tissus mous du corps. Ils peuvent se manifester sous forme de tendinopathies, d’irritations nerveuses, de douleurs articulaires ou encore de douleurs diffuses sans lésion clairement visible à l’imagerie.

On distingue classiquement les TMS dits spécifiques, pour lesquels un diagnostic précis peut être posé, comme une tendinopathie de la coiffe des rotateurs ou un syndrome du canal carpien, et les TMS non spécifiques, caractérisés principalement par des douleurs persistantes, notamment au niveau du dos ou du cou, sans atteinte anatomique clairement identifiable. Ces formes non spécifiques sont particulièrement fréquentes et constituent une part importante des lombalgies et cervicalgies rencontrées en pratique clinique.

Des troubles multifactoriels, loin d’une cause unique

L’un des enseignements majeurs mis en évidence par les experts est le caractère multifactoriel des TMS. Selon l’Organisation mondiale de la santé, ces troubles résultent de l’interaction entre des facteurs professionnels, personnels, organisationnels et psychosociaux. Autrement dit, il n’existe que très rarement une cause unique expliquant l’apparition d’un TMS.

Certaines caractéristiques individuelles, comme l’âge, les antécédents de douleurs musculosquelettiques ou certaines maladies chroniques (diabète, troubles hormonaux, maladies inflammatoires), peuvent rendre une personne plus vulnérable. Les facteurs psychologiques jouent également un rôle non négligeable : l’anxiété, les troubles du sommeil ou la peur du mouvement (appelée aussi kinésiophobie) peuvent favoriser l’installation de douleurs persistantes et ralentir la récupération fonctionnelle.

À l’inverse, les données scientifiques soulignent qu’une activité physique régulière et adaptée contribue à renforcer les tissus musculosquelettiques et exerce un effet protecteur vis-à-vis des TMS, y compris chez les personnes exposées à des contraintes professionnelles.

Le rôle des contraintes professionnelles

Si les facteurs personnels influencent la susceptibilité individuelle, ce sont bien les conditions de travail qui constituent le cœur du risque de TMS. Les contraintes biomécaniques sont les plus solidement documentées dans la littérature scientifique. Elles reposent sur l’intensité des efforts fournis, la durée d’exposition et la répétition des gestes.

Les travaux menés par l’Inserm montrent que les gestes répétitifs, le port de charges lourdes, les postures contraignantes maintenues dans le temps, comme travailler les bras au-dessus des épaules ou en flexion prolongée du tronc, ainsi que l’exposition aux vibrations, augmentent significativement le risque de développer des TMS. Ces contraintes deviennent particulièrement délétères lorsqu’elles sont combinées et répétées pendant plusieurs années 

Les facteurs psychosociaux et organisationnels 

Au-delà des contraintes physiques, les facteurs psychosociaux occupent une place importante dans la survenue et surtout dans la chronicisation des TMS. Un environnement professionnel marqué par une forte pression temporelle, un faible soutien social, un manque d’autonomie ou un déséquilibre entre les efforts fournis et la reconnaissance reçue peut amplifier la perception de la douleur et favoriser son installation dans le temps.

Les facteurs organisationnels, tels que l’absence de temps de récupération, la rigidité des procédures ou la monotonie des tâches, influencent directement les contraintes biomécaniques et psychosociales. Ils participent ainsi à créer un contexte global défavorable à la santé musculosquelettique, comme l’illustrent les modèles intégrés développés par Santé publique France et l’Inserm.

Quelles zones du corps sont les plus touchées ?

Les atteintes de l’épaule figurent parmi les plus fréquentes. Les douleurs d’épaule concernent plus d’un adulte sur cinq et près d’un travailleur sur trois. La tendinopathie de la coiffe des rotateurs est particulièrement répandue, notamment chez les personnes exposées à des gestes répétitifs ou à un travail prolongé bras levés. Les études montrent que le risque augmente nettement avec la durée cumulée d’exposition, en particulier après une dizaine d’années. 

Au niveau du coude, de la main et du poignet, les épicondylites et le syndrome du canal carpien sont fréquemment rencontrés. Ce dernier touche environ une personne sur mille chaque année dans la population générale, avec des taux nettement plus élevés chez les travailleurs exposés à des gestes répétitifs et en force. Contrairement à une idée largement répandue, le travail sur ordinateur, à lui seul, n’est pas considéré comme un facteur de risque avéré du syndrome du canal carpien. 

Le rachis, et en particulier la région lombaire, est également fortement concerné. Les lombalgies non spécifiques touchent jusqu’à la moitié des adultes sur une période de six mois et représentent la principale cause d’arrêts de travail pour raison musculosquelettique. Les contraintes biomécaniques, associées au stress professionnel et au manque de soutien, jouent un rôle déterminant dans leur apparition et leur persistance. 

Prévenir les TMS : une approche globale et durable

L’ensemble des données scientifiques converge vers un constat clair : la prévention des TMS ne peut être efficace que si elle repose sur une approche globale. Adapter les postes de travail, repenser l’organisation des tâches, favoriser les temps de récupération et maintenir la mobilité sont autant de leviers essentiels pour préserver la santé musculosquelettique.

Cette vision s’inscrit pleinement dans une approche de santé durable, centrée sur le fonctionnement du système musculosquelettique et la prévention à long terme. Elle rappelle que les douleurs ne doivent jamais être considérées comme une fatalité, mais comme un signal d’alerte à prendre en compte précocement.

Troubles musculosquelettiques et chiropraxie

Les troubles musculosquelettiques nécessitent une prise en charge globale, tenant compte à la fois des contraintes mécaniques, des habitudes de vie et de l’organisation du quotidien. Les travaux de Santé publique France et de l’Inserm rappellent que la prévention de la chronicisation passe par une évaluation précoce, le maintien de la mobilité et l’adaptation des sollicitations du système musculosquelettique 

La chiropraxie, profession de la santé réglementée en France, est spécifiquement formée au diagnostic et à la prise en charge des troubles musculosquelettiques. Elle s’appuie sur une évaluation clinique du mouvement, de la posture et des capacités fonctionnelles afin d’identifier les facteurs mécaniques pouvant contribuer aux douleurs.

Dans le cadre des TMS, l’approche chiropratique vise à accompagner le patient vers une meilleure compréhension de son trouble, à soulager ses douleurs musculosquelettiques et à limiter les récidives, en complément des autres professionnels de santé.


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