L’arthrose du poignet peut avoir un impact majeur sur la vie quotidienne. Douleurs persistantes, perte de mobilité, diminution de la force de la main : ces symptômes rendent parfois difficiles des gestes simples comme porter un objet, écrire ou s’appuyer sur la main. Contrairement à l’arthrose du genou ou de la hanche, les stratégies de prise en charge non chirurgicale du poignet ont longtemps été peu étudiées. Une récente étude clinique apporte cependant des éléments intéressants sur le rôle de l’exercice thérapeutique à long terme. Publiée fin 2025 dans la revue scientifique BMC Musculoskeletal Disorders, cette étude s’est intéressée aux effets de programmes d’exercices chez des patients souffrant d’arthrose du poignet, avec un recul allant jusqu’à deux ans.
Une arthrose souvent liée à un ancien traumatisme
L’arthrose du poignet est le plus souvent secondaire à une blessure ancienne, comme une fracture du scaphoïde ou une entorse grave. Dans de nombreux cas, elle évolue vers des formes spécifiques, caractérisées par une dégradation progressive des structures articulaires. Cette évolution s’accompagne de douleurs chroniques, de raideurs et d’une altération de la fonction de la main.
Si l’arthrose reste une maladie chronique sans guérison définitive, les recommandations internationales insistent sur l’importance d’une prise en charge progressive, débutant par des approches conservatrices avant d’envisager une chirurgie, lorsque cela est possible.
Exercices thérapeutiques : quel objectif ?
Dans cette étude, les chercheurs ont voulu évaluer si des exercices dits « neuromusculaires », c’est-à-dire ciblant le contrôle du mouvement, la coordination et la stabilité du poignet, apportaient un bénéfice supérieur à de simples exercices de mobilité articulaire. L’idée est de mieux répartir les contraintes mécaniques sur l’articulation et de favoriser des mouvements plus efficaces et moins douloureux.
Quarante-huit patients ont ainsi été répartis aléatoirement en deux groupes. Tous ont bénéficié d’une éducation sur l’arthrose, de conseils d’auto-prise en charge, d’une orthèse de poignet et d’un programme d’exercices à domicile sur douze semaines. La seule différence entre les groupes résidait dans la nature des exercices : l’un suivait un programme intégrant des exercices neuromusculaires, l’autre se limitait à des exercices de mobilité.
Les participants ont été suivis sur le long terme, avec des évaluations à six mois, douze mois, puis une analyse du recours à la chirurgie deux ans après le début de l’étude.
Des résultats probants sur le long terme
Les résultats montrent qu’à six et douze mois, il n’existe pas de différence significative entre les deux types de programmes d’exercices en termes de douleur, de fonction du poignet ou de force de préhension. Autrement dit, les exercices neuromusculaires ne se sont pas révélés plus efficaces que les exercices de mobilité seule sur ces critères.
Cependant, l’un des enseignements majeurs de l’étude concerne le recours à la chirurgie. Deux ans après le début de la prise en charge, environ quatre patients sur cinq n’avaient pas eu besoin d’intervention chirurgicale, quel que soit le programme suivi. Les taux de chirurgie restaient relativement faibles, autour de 20 %, ce qui suggère que l’exercice thérapeutique, associé à l’éducation et à l’auto-gestion, peut contribuer à stabiliser les symptômes sur le long terme.
Ce que cela signifie pour les patients
Ces résultats confirment que l’exercice a toute sa place dans la prise en charge de l’arthrose du poignet, même lorsque la pathologie est déjà installée. S’il ne permet pas de faire disparaître l’arthrose, il peut aider à mieux vivre avec, à préserver la fonction de la main et, dans de nombreux cas, à retarder voire éviter une chirurgie lourde.
Les auteurs soulignent toutefois certaines limites. L’étude porte sur un nombre restreint de participants et la majorité présentait une arthrose déjà avancée. Ils suggèrent que des programmes débutés plus précocement, et intégrant l’ensemble du membre supérieur plutôt que le seul poignet, pourraient être encore plus bénéfiques.
Chiropraxie et arthrose
Dans le contexte de l’arthrose, et notamment de l’arthrose du poignet, cette étude rappelle l’importance des approches conservatrices centrées sur le mouvement, l’éducation et l’autonomie du patient. La chiropraxie s’inscrit pleinement dans cette logique. En tant que profession de la santé spécialisée dans la prise en charge des troubles musculosquelettiques, elle vise à optimiser la fonction articulaire, à améliorer la mobilité et à accompagner les patients dans une meilleure compréhension de leur pathologie.