Alors que l’obligation de formation continue des chiropracteurs vient d’être structurée par décret, le pilotage national du Développement Professionnel Continu (DPC), dispositif de formation continue obligatoire des professions de santé, connaît une remise en cause majeure. L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) recommandait en mars 2025 une transformation profonde de l’Agence nationale du DPC (ANDPC), allant jusqu’à envisager sa disparition. C’est désormais annoncé.
Créée sous la forme d’un groupement d’intérêt public associant l’État et l’Assurance maladie, l’Agence nationale du développement professionnel continu est chargée de piloter et financer le DPC des professionnels de santé libéraux et salariés de centres de santé.
Le DPC a pour finalité le maintien et l’actualisation des connaissances ainsi que l’amélioration des pratiques professionnelles. L’ANDPC enregistre les organismes de formation, valide les actions proposées et assure le financement des professionnels éligibles. Elle constitue ainsi, depuis plusieurs années, l’opérateur central du dispositif.
Dans un rapport rendu public rendu en mars 2025 sur « l’avenir de l’ANDPC », l’IGAS dresse un diagnostic sévère du fonctionnement de l’agence.
Le rapport souligne notamment une adhésion insuffisante des professionnels au dispositif, une complexité de gouvernance nuisant à la lisibilité du système, ainsi qu’un fonctionnement jugé coûteux au regard des résultats obtenus. L’inspection estime que le modèle actuel ne répond plus pleinement aux objectifs assignés et recommande une réorganisation en profondeur.
Parmi les pistes évoquées figure la suppression de l’ANDPC en tant que structure autonome et la redistribution de ses missions à d’autres opérateurs publics, afin de simplifier le pilotage et de rationaliser les financements. Si aucune décision définitive n’est encore mise en œuvre, l’orientation retenue par les pouvoirs publics s’inscrit clairement dans une logique de transformation structurelle.
L’annonce faite aux organisations professionnelles en toute fin d’année 2025 a suscité de nombreuses réactions parmi les acteurs du DPC.
Le personnel de l’agence a exprimé son inquiétude face à une décision perçue comme brutale et insuffisamment préparée. Des responsables d’organismes de formation redoutent une période d’incertitude susceptible de fragiliser les financements et l’organisation des actions en cours.
L’ancienne directrice générale de l’ANDPC, Michèle Lenoir-Salfati est également sortie de sa réserve pour regretter une décision qu’elle estime politique et déconnectée des efforts engagés ces dernières années pour professionnaliser le dispositif. Si certains observateurs reconnaissent la nécessité d’une évolution, beaucoup appellent à une transition maîtrisée et structurée.
Cette réorganisation du pilotage national du DPC intervient à un moment déterminant pour les chiropracteurs. La publication récente du décret encadrant l’obligation de formation continue marque une étape structurante dans l’organisation de notre cadre professionnel. Autrement dit, au moment même où notre obligation se formalise juridiquement, le modèle national de la formation des professionnels de santé est en train d’évoluer. Cette concomitance n’est pas neutre. Elle signifie que le paysage dans lequel nous allons inscrire notre dispositif n’est pas figé : il est en construction.
Alors que les pouvoirs publics cherchent à rationaliser et clarifier les dispositifs existants, il est essentiel que la chiropraxie définisse avec précision ses besoins, ses standards scientifiques et ses modalités d’organisation. La période actuelle ouvre un espace pour affirmer un modèle exigeant, cohérent et pleinement aligné sur les principes de l’exercice fondé sur les données probantes.
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