Arthrose du genou : les bénéfices de la thérapie manuelle
Douleurs lors de la marche, raideur, difficulté à monter les escaliers… L’arthrose du genou peut progressivement limiter les mouvements du quotidien. Une revue scientifique publiée en juillet 2026 suggère que certaines thérapies manuelles ciblant les muscles situés à l’arrière de la cuisse pourraient contribuer à réduire la douleur et à améliorer la mobilité, au moins à court terme.
Des muscles trop raides peuvent-ils accentuer les symptômes ?
L’arthrose du genou, également appelée gonarthrose, est une maladie chronique qui affecte progressivement l’ensemble de l’articulation : le cartilage, mais aussi l’os, la membrane synoviale, les ligaments et les muscles environnants. Selon l’Assurance Maladie, elle concerne environ 30 % des personnes âgées de 65 à 75 ans.
Les ischio-jambiers, situés à l’arrière de la cuisse, participent à la flexion et à la stabilité du genou. Lorsqu’ils manquent de souplesse, ils peuvent modifier la façon dont l’articulation bouge et augmenter certaines contraintes exercées sur le genou. Cette raideur musculaire pourrait ainsi entretenir la douleur et limiter l’amplitude des mouvements.
C’est pourquoi des thérapies manuelles visant à détendre et à assouplir ces muscles sont parfois intégrées à la prise en charge de l’arthrose du genou.
Comment les thérapies manuelles peuvent-elles agir ?
La thérapie manuelle regroupe différentes techniques réalisées directement avec les mains sur les muscles, les articulations ou les tissus environnants. Dans les études analysées, les professionnels ont notamment utilisé :
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des mobilisations des tissus mous ;
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des étirements assistés ;
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des techniques de relâchement musculaire après une contraction légère ;
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des mobilisations combinant le mouvement du genou et l’étirement des ischio-jambiers.
Selon les auteurs, ces techniques pourraient agir de deux manières. Sur le plan biomécanique, l’amélioration de la souplesse musculaire favoriserait une meilleure amplitude de mouvement et pourrait réduire certaines contraintes exercées sur l’articulation. Sur le plan neurophysiologique, le contact manuel et la mobilisation des tissus pourraient moduler temporairement les signaux douloureux transmis au système nerveux.
Les thérapies manuelles n’agissent donc pas sur le cartilage lui-même et ne peuvent pas faire disparaître l’arthrose. Leur objectif est plutôt d’améliorer le fonctionnement des structures qui entourent le genou et de faciliter le mouvement.
Des bénéfices principalement observés à court terme
La revue scientifique a analysé 12 essais contrôlés randomisés réunissant 652 participants atteints d’une arthrose du genou confirmée par radiographie.
Neuf études ont observé une amélioration de la douleur ou de la fonction après l’intervention. Dans six études, les résultats étaient significativement meilleurs que dans le groupe de comparaison. Une amélioration de la souplesse des ischio-jambiers et de l’amplitude du genou a également été fréquemment rapportée.
Les techniques de relâchement post-isométrique, certaines mobilisations associées à l’élévation de la jambe ainsi que les mobilisations des tissus mous présentaient les résultats les plus réguliers à court terme. Aucune technique ne s’est toutefois révélée systématiquement supérieure aux autres.
Thérapies manuelles et chiropraxie : une approche complémentaire au mouvement
Les auteurs concluent que les thérapies manuelles peuvent être envisagées comme un complément aux exercices thérapeutiques, particulièrement lorsque l’arthrose du genou s’accompagne d’une raideur des ischio-jambiers. Elles ne doivent pas remplacer l’activité physique, le renforcement musculaire ou le suivi médical.
Dans le cadre d’une prise en charge coordonnée, le chiropracteur peut évaluer la mobilité du genou, la souplesse des muscles ainsi que le fonctionnement des articulations qui participent à la marche, notamment la hanche, le bassin et la cheville.
Selon les besoins de la personne, il peut proposer des techniques manuelles adaptées, associées à des exercices de mobilité et de renforcement ainsi qu’à des conseils pour reprendre progressivement une activité physique. La Haute Autorité de santé rappelle en effet que l’activité physique adaptée constitue le premier traitement de l’arthrose des membres : elle contribue à diminuer la douleur, à préserver la mobilité et à améliorer la qualité de vie.
En cas de gonflement important, de rougeur, de chaleur, de douleur nocturne ou d’augmentation brutale des symptômes, un avis médical est nécessaire.


