Pollution de l’air : les particules fines favorisent-elles les poussées de polyarthrite rhumatoïde ?

Une étude publiée en 2026 dans la revue Annals of the Rheumatic Diseases suggère qu’une exposition prolongée aux particules fines PM2.5 pourrait être associée à une augmentation de l’activité de la polyarthrite rhumatoïde et du risque de poussée. Ces résultats ne prouvent pas que la pollution en est directement responsable, mais ils renforcent l’hypothèse selon laquelle notre environnement peut influencer l’évolution de cette maladie inflammatoire chronique.

La polyarthrite rhumatoïde, une maladie qui évolue par poussées

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune : le système immunitaire s’attaque, par erreur, à la membrane qui tapisse les articulations. Cette réaction provoque une inflammation pouvant entraîner des douleurs, des gonflements, une raideur matinale et une diminution de la mobilité.

La maladie alterne généralement entre des périodes d’accalmie et des poussées, pendant lesquelles les symptômes s’intensifient. Selon l’Assurance Maladie, environ 320 000 personnes étaient soignées pour une polyarthrite rhumatoïde en France en 2022, soit 0,46 % de la population. Près de 72 % des personnes concernées étaient des femmes.

Si les facteurs génétiques, hormonaux et immunitaires jouent un rôle important, certains facteurs environnementaux, comme le tabagisme et la pollution atmosphérique, sont également étudiés.

Plus de 12 500 consultations analysées pendant quatre ans

Les chercheurs ont suivi 1 070 patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, pris en charge dans un centre hospitalier universitaire sud-coréen entre 2021 et 2024. Au total, 12 583 consultations ont été analysées.

À chaque visite, l’activité de la maladie était évaluée à partir de plusieurs indicateurs : nombre d’articulations douloureuses ou gonflées, taux de protéine et différents scores cliniques. 

Les chercheurs ont ensuite rapproché ces données des concentrations de six polluants mesurées dans la région de résidence des participants : dioxyde de soufre, dioxyde d’azote, ozone, monoxyde de carbone, PM10 et PM2.5. Les PM2.5 sont des particules dont le diamètre ne dépasse pas 2,5 micromètres. En raison de leur très petite taille, elles peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires et contribuer à des réactions inflammatoires dans l’organisme.

Les analyses ont notamment tenu compte de l’âge, du sexe, du tabagisme, des traitements, de la température, de l’humidité et de certains facteurs socio-économiques.

Une association observée avec les particules PM2.5

Pendant la période de suivi, 1 278 poussées ont été recensées chez 604 patients. Parmi les six polluants étudiés, les PM2.5 présentaient l’association la plus constante avec l’activité de la maladie.

Pour chaque augmentation d’environ 6 µg/m³ de la concentration mensuelle moyenne de PM2.5, soit un écart-type dans cette étude, les chercheurs ont calculé une association relative d’environ 11 % avec les chances statistiques de présenter une poussée. Ce résultat ne signifie pas que le risque individuel augmente automatiquement de 11 points de pourcentage.

Une activité plus importante de la maladie, ainsi qu’un plus grand nombre d’articulations douloureuses et gonflées, étaient également associés à des concentrations plus élevées de PM2.5. L’analyse des données quotidiennes suggère surtout un effet de l’exposition cumulée : l’association devenait plus marquée lorsque l’exposition se prolongeait pendant plus de deux semaines, plutôt qu’après un pic isolé de pollution.

Les auteurs avancent une hypothèse : les particules fines pourraient favoriser le stress oxydatif, c’est-à-dire un déséquilibre susceptible d’endommager les cellules et d’entretenir l’inflammation. Elles pourraient ainsi amplifier une inflammation articulaire déjà présente. Ce mécanisme reste toutefois à confirmer.

Des niveaux de pollution plus élevés en Corée du Sud qu’en France

D’après le Bilan de la qualité de l’air extérieur en France en 2024, l’indicateur d’exposition moyenne aux PM2.5 mesuré en fond urbain s’établissait à 8,9 µg/m³ en 2024. Les émissions françaises de PM2.5 ont diminué de 59 % depuis 2000. Le secteur résidentiel et tertiaire représentait toutefois encore 68 % des émissions primaires de PM2.5 en 2024, principalement en raison de la combustion du bois pour le chauffage domestique.

Les niveaux français restent donc nettement inférieurs à ceux observés dans la cohorte sud-coréenne, mais ils demeurent supérieurs à la valeur guide de l’OMS. Par ailleurs, les moyennes nationales peuvent masquer d’importantes variations selon les territoires, les saisons, la proximité du trafic routier ou les modes de chauffage.

Chiropraxie et polyarthrite rhumatoïde 

La polyarthrite comme l’arthrose génèrent des poussées inflammatoires et limitent la mobilité de nombreuses articulations, de plus, les tissus avoisinants (ligaments, tendons, muscles) peuvent aussi être douloureux. La mobilisation, par le chiropracteur, des articulations affectées, peuvent améliorer la mobilité et limitent la douleur.


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