Le ministère de la Santé a présenté, le 12 janvier 2026, une stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé articulée autour de quatre axes structurants : mobilisation citoyenne, création d’un observatoire, déploiement d’un dispositif d’infovigilance et renforcement de l’éducation critique. Cette initiative, qui place la rigueur scientifique au cœur de l’action publique, concerne directement l’ensemble des professionnels de santé, y compris les chiropracteurs.
Dans un contexte de défiance accrue envers la science et les institutions sanitaires, le ministère affirme que la lutte contre la désinformation constitue désormais une priorité stratégique de santé publique.
La diffusion massive d’informations médicales fausses ou trompeuses est identifiée comme un facteur :
de détournement des patients des soins appropriés,
d’affaiblissement de la prévention,
d’altération du lien de confiance entre citoyens et institutions.
La ministre souligne que la réponse doit être collective, impliquant professionnels de santé, chercheurs, journalistes, plateformes numériques et acteurs associatifs
Axe 1 – Écoute citoyenne et compréhension des mécanismes de croyance
Un comité de pilotage associant agences sanitaires (ANSM, Santé Publique France), institutions nationales (INSERM), ARS et experts a été constitué
Trois dispositifs sont engagés :
une étude qualitative exploratoire,
un baromètre national auprès de 2 000 répondants,
des communautés en ligne suivies sur six mois.
Un Comité citoyen de 27 personnes formulera des recommandations présentées lors des Assises du numérique en santé (18 février 2026)
Axe 2 – Création d’un Observatoire de la désinformation en santé
L’Observatoire aura une mission de veille, d’analyse et d’alerte, avec publication de baromètres, revues de littérature et travaux de recherche
Il pourra animer des comités thématiques (éducation critique, responsabilisation des plateformes, intelligence artificielle, recherche).
Son objectif premier est le partage d’information avec les partenaires institutionnels, médias et professionnels de santé
Axe 3 – Mise en place d’un dispositif d’infovigilance
À partir de fin janvier 2026, un dispositif opérationnel en trois étapes sera déployé :
Veille et détection des signaux de désinformation ;
Analyse scientifique, opérée par le Service Public d’Information en Santé (SPIS) ;
Diffusion de réponses fiables, notamment via des contenus courts (« Le Check-up ») sur les réseaux sociaux et via le site Santé.fr (espace « Décryptages »)
Les pratiques de soins non conventionnelles figurent parmi les thématiques identifiées comme nécessitant une vigilance accrue.
Axe 4 – Bâtir un socle durable de confiance
La stratégie prévoit :
des kits pédagogiques pour renforcer l’éducation critique à la santé, en lien avec le CLEMI ;
un travail sur la responsabilisation des plateformes numériques ;
l’intégration de la désinformation en santé dans les programmes de recherche.
La chiropraxie est légalement autorisée à prévenir et traiter les troubles neuro-musculo-squelettiques et leurs conséquences.
Dans ce contexte de vigilance accrue, toute communication professionnelle doit :
s’appuyer sur les données scientifiques disponibles,
éviter les formulations ambiguës susceptibles d’être interprétées comme des allégations thérapeutiques non démontrées,
distinguer clairement symptômes associés et indication thérapeutique.
La stratégie nationale rappelle que la crédibilité des professions de santé repose sur la rigueur scientifique et la responsabilité dans la diffusion de l’information.
Rappelons qu’une étude publiée en 2021 dans Chiropractic & Manual Therapies avait analysé 287 sites internet de chiropracteurs français. 78,7 % des sites mentionnaient au moins une affection non musculo-squelettique sans clarification adéquate.