Préparation marathon : A quoi correspond le “genou du coureur” aussi appelé syndrome rotulien
À l’approche du Marathon de Paris, beaucoup de coureurs entrent dans la phase finale de leur préparation. À un mois de l’échéance, les sorties longues sont bien installées, le volume d’entraînement est souvent à son maximum et les organismes sont fortement sollicités. C’est précisément durant cette période que certaines douleurs peuvent apparaître, en particulier au niveau du genou. Parmi les troubles les plus fréquents chez les coureurs figure le syndrome rotulien, aussi appelé syndrome fémoro-patellaire souvent surnommé “genou du coureur”. Bien qu’il soit généralement bénin, il peut perturber l’entraînement s’il n’est pas identifié et pris en charge suffisamment tôt.
Le syndrome rotulien : une douleur fréquente chez les sportifs
Le syndrome fémoro-patellaire correspond à une douleur située à l’avant du genou, autour ou derrière la rotule. Elle apparaît le plus souvent progressivement et peut devenir gênante lors des activités du quotidien ou de la pratique sportive.
Ce trouble est particulièrement fréquent chez les personnes pratiquant des activités comportant des impacts répétés, comme la course à pied. Les adolescents et les jeunes adultes sont souvent concernés, tout comme les femmes et les sportifs pratiquant des disciplines d’endurance.
Les études épidémiologiques estiment que le syndrome fémoro-patellaire représente environ 20 à 40 % des douleurs de genou chez les sportifs, ce qui en fait l’une des causes les plus fréquentes de consultation pour douleur antérieure du genou.
Il ne s’agit généralement pas d’une lésion grave. Dans la majorité des cas, il s’agit plutôt d’un trouble fonctionnel, c’est-à-dire d’un déséquilibre dans le fonctionnement mécanique du genou.
Comment fonctionne le genou ?
Le genou est l’une des articulations les plus sollicitées du corps humain. Il joue un rôle essentiel dans de nombreux mouvements quotidiens : marcher, courir, se relever, changer de direction ou encore absorber les chocs lors des déplacements.
L’articulation du genou relie plusieurs os importants. Le fémur, os de la cuisse, s’articule avec le tibia, principal os de la jambe. À l’avant du genou se trouve la rotule, un petit os qui joue un rôle central dans la transmission des forces musculaires. Sur le côté externe de la jambe se situe également le péroné, appelé aujourd’hui fibula.
La rotule coulisse dans une petite gouttière du fémur appelée trochlée fémorale. Cette zone est recouverte de cartilage, un tissu lisse et résistant qui permet un glissement fluide des surfaces articulaires et une bonne répartition des pressions lors des mouvements.
Pour que le genou fonctionne correctement, plusieurs éléments doivent être en équilibre : l’alignement des os, la coordination musculaire et la stabilité des articulations voisines, notamment la hanche et le bassin.
Lorsque cet équilibre est perturbé, la rotule peut glisser de manière moins optimale dans la trochlée. Les contraintes mécaniques augmentent alors progressivement, ce qui peut entraîner l’apparition de douleurs.
Les symptômes du syndrome rotulien
Le symptôme principal est une douleur diffuse à l’avant du genou. Elle est parfois décrite comme une gêne derrière la rotule ou une sensation de pression dans l’articulation.
La douleur peut apparaître dans différentes situations du quotidien. Elle est souvent ressentie lors de la course à pied, mais aussi lors de la marche prolongée ou lors de la montée et de la descente des escaliers. Les accroupissements peuvent également provoquer une gêne.
Certaines personnes ressentent une douleur lorsqu’elles se relèvent après être restées longtemps assises. Ce phénomène est parfois appelé “signe du cinéma”, car il peut apparaître après un long moment en position assise.
Les symptômes ont souvent tendance à varier au cours de la journée. La douleur peut être plus marquée au réveil, s’intensifier après un effort inhabituel ou devenir plus présente en fin de journée lorsque l’articulation a été fortement sollicitée.
Pourquoi cette douleur apparaît-elle chez les coureurs ?
Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition du syndrome rotulien, et ils sont souvent liés à la charge d’entraînement.
À l’approche d’un marathon, de nombreux coureurs augmentent progressivement la durée et l’intensité de leurs séances. Lorsque cette progression est trop rapide au regard des capacités supportées par leur corps, les structures du genou peuvent être soumises à des contraintes répétées plus importantes que leur capacité d’adaptation.
La surcharge mécanique constitue donc l’une des causes les plus fréquentes. Elle peut être liée à une augmentation trop rapide du volume d’entraînement, à une intensité trop élevée ou à une fréquence de sorties trop importante.
D’autres facteurs peuvent également intervenir. Une technique de course inadaptée, des chaussures usées ou mal adaptées, ou encore un changement brutal de surface d’entraînement peuvent modifier la répartition des contraintes au niveau du genou.
Le rôle des facteurs biomécaniques
Outre la charge d’entraînement, certains facteurs biomécaniques peuvent favoriser l’apparition du syndrome rotulien.
Un défaut articulaire notamment un angle inadapté de la trochlée fémorale, un déséquilibre musculaire entre la cuisse et la hanche ou encore un manque de stabilité du bassin peuvent modifier la manière dont la rotule se déplace dans la trochlée.
Dans ce contexte, les pressions exercées entre la rotule et le fémur augmentent progressivement. Le cartilage est alors davantage sollicité, ce qui peut provoquer l’apparition de douleurs.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Dans la grande majorité des cas, le diagnostic du syndrome rotulien repose sur un examen clinique.
Le thérapeute commence par recueillir l’historique de la douleur : les circonstances d’apparition, les activités qui aggravent les symptômes et la localisation précise de la gêne.
L’examen physique permet ensuite d’évaluer la mobilité du genou, la force musculaire ainsi que la stabilité du bassin et du tronc. Ces éléments sont essentiels pour comprendre l’origine mécanique de la douleur.
Les examens d’imagerie, comme la radiographie ou l’IRM, ne sont généralement demandés qu’en cas de doute diagnostique ou si les symptômes persistent malgré la prise en charge.
Quelle prise en charge ?
Dans la majorité des cas, le traitement du syndrome rotulien est conservateur, c’est-à-dire qu’il ne nécessite pas d’intervention chirurgicale.
La première étape consiste souvent à adapter temporairement l’activité physique afin de diminuer les contraintes sur le genou. Il n’est pas toujours nécessaire d’arrêter totalement la course à pied, mais une diminution temporaire du volume ou de l’intensité peut être utile.
L’élément central du traitement repose cependant sur l’exercice thérapeutique. Les recommandations scientifiques indiquent que le renforcement musculaire constitue le traitement de référence du syndrome fémoro-patellaire.
Ce travail vise notamment à améliorer la force des muscles de la cuisse, à renforcer les muscles stabilisateurs de la hanche et à améliorer la stabilité globale du membre inférieur.
Une approche globale associant renforcement musculaire, travail de mobilité et adaptation progressive de l’activité permet généralement une amélioration progressive de la fonction du genou.
La prise en charge chiro du syndrome rotulien
La prise en charge chiropratique du syndrome rotulien s’inscrit dans une approche globale et personnalisée, visant à comprendre l’origine mécanique de la douleur et à corriger les facteurs qui entretiennent les contraintes sur l’articulation.
Le chiropracteur réalise tout d’abord une évaluation fonctionnelle complète. L’analyse ne se limite pas au genou : elle prend également en compte le fonctionnement de la hanche, de la cheville, du bassin et du tronc, car ces structures influencent directement le genou.
Des techniques de thérapie manuelle peuvent être utilisées pour améliorer la mobilité des articulations et diminuer certaines tensions mécaniques. Certaines études indiquent que ces techniques peuvent contribuer à réduire la douleur à court terme lorsqu’elles sont intégrées dans un programme global d’exercices.
Le chiropracteur peut également proposer un programme d’exercices personnalisés, visant à renforcer les muscles nécessaires à la stabilité du genou et à améliorer la coordination des mouvements.
Enfin, des conseils peuvent être donnés concernant l’entraînement, la reprise progressive de l’activité ou encore certains gestes du quotidien.
L’objectif de cette approche est de réduire la douleur, améliorer le fonctionnement du genou et prévenir les récidives, tout en permettant au coureur de rester acteur de sa récupération grâce à une prise en charge active et progressive.

