Périostite

La périostite tibiale ou syndrome de stress tibial médial, correspond à une douleur le long du tibia, fréquente chez les coureurs et les sportifs. Elle apparaît généralement quand la jambe subit trop de contraintes répétées. Bien prise en charge, elle guérit le plus souvent en quelques semaines, mais ignorée, elle peut évoluer vers une fracture de fatigue.

Qu’est-ce que la périostite ?

Dans le langage courant, on parle de périostite pour désigner une douleur inflammatoire liée à la traction répétée des muscles et tissus autour du tibia. Dans la littérature médicale, la forme la plus fréquente chez le sportif est le syndrome de stress tibial médial : une douleur de surmenage associée à l’irritation des tissus (muscles, tendons, fascias) au voisinage du tibia, et à des micro contraintes osseuses progressives.

La périostite est un signal d’alerte : la charge d’entraînement dépasse la capacité d’adaptation du tibia et des muscles de la jambe.

Les causes de la périostite 

La périostite est une blessure de surmenage. Elle survient lorsque les muscles et les tissus qui s’attachent au tibia tirent de façon répétée sur l’os, sans lui laisser le temps de récupérer.

Plusieurs facteurs peuvent favoriser son apparition :

  • Une augmentation trop rapide de l’activité physique : reprise du sport après une pause, hausse soudaine du kilométrage, ajout de séances intensives ou de dénivelé.

  • Des erreurs d’entraînement : manque de récupération, répétition d’efforts à impact élevé, entraînement sur surfaces dures ou irrégulières.

  • Des facteurs biomécaniques : pieds plats, voûtes plantaires très rigides, déséquilibres musculaires au niveau de la cheville et du mollet.

 

  • Un équipement inadapté : chaussures usées, mal amorties ou ne correspondant pas à la morphologie du pied
     
  • Des facteurs de fragilité osseuse : déficit en vitamine D, troubles alimentaires, aménorrhée chez la femme, ostéopénie ou ostéoporose.
     

  • ​​​​​​​Un indice de masse corporelle élevé, augmentant les contraintes mécaniques sur le tibia.

La périostite touche particulièrement les coureurs, les militaires, les danseurs et les sportifs pratiquant des activités à impacts répétés.

Les symptômes de la périostite

Le symptôme principal est une douleur le long du tibia, le plus souvent sur son bord interne.

Cette douleur peut :

  • apparaître au début uniquement pendant l’effort,

  • devenir plus persistante après l’activité,

  • puis, dans les formes plus avancées, être présente au repos ou dans la vie quotidienne.

La douleur est généralement diffuse, sensible à la pression, parfois associée à un léger gonflement. Elle peut être sourde ou plus vive selon l’intensité de l’atteinte. Une douleur très localisée, intense ou persistante doit faire suspecter une autre pathologie, comme une fracture de stress.

Des signaux d’alerte à ne pas banaliser

Certains signes doivent alerter et conduire à consulter rapidement un professionnel de santé. Une douleur très localisée en un point précis du tibia, différente de la douleur diffuse habituellement observée dans la périostite, peut évoquer une fracture de stress. De même, une douleur qui augmente fortement, qui persiste au repos ou la nuit, ou qui empêche de sauter ou de prendre appui sur la jambe sans douleur importante nécessite une évaluation médicale.

Un gonflement marqué, une rougeur locale, une sensation de chaleur ou l’apparition de fièvre ne sont pas caractéristiques d’une périostite simple et peuvent orienter vers une autre cause, notamment infectieuse. Dans toutes ces situations, un avis médical est indispensable afin de poser un diagnostic précis et d’adapter la prise en charge.

Le diagnostic

Le diagnostic repose principalement sur l’examen clinique et l’interrogatoire du patient. Le thérapeute s’intéresse notamment à l’évolution de l’entraînement, aux surfaces utilisées, aux chaussures et à l’apparition progressive des symptômes.

En cas de doute ou de douleur persistante, des examens d’imagerie peuvent être réalisés afin d’éliminer une fracture de stress du tibia. La radiographie peut être complétée, si nécessaire, par une IRM ou une scintigraphie osseuse, plus sensibles aux atteintes précoces de l’os.

Comment prévenir la périostite ?

La prévention de la périostite repose avant tout sur une gestion adaptée des contraintes mécaniques imposées aux jambes. Il est essentiel d’augmenter progressivement la charge d’entraînement, en évitant les changements brusques de volume, d’intensité ou de fréquence. Alterner les activités à impact, comme la course, avec des sports portés tels que la natation ou le vélo permet également de limiter la sollicitation répétée du tibia.

Le respect de temps de repos suffisants est indispensable pour permettre aux tissus de récupérer. Courir sur des surfaces variées et limiter les terrains très durs ou fortement inclinés contribue aussi à réduire les contraintes mécaniques. Le choix de chaussures adaptées, offrant un bon maintien et un amorti suffisant, ainsi que leur renouvellement régulier, joue un rôle important dans la prévention.

Enfin, un échauffement avant l’effort et un renforcement progressif des muscles de la jambe, associés à un travail de mobilité de la cheville, participent à une meilleure tolérance à l’effort. 

Prise en charge chiropratique de la périostite

La prise en charge chiropratique s’inscrit dans une approche globale et complémentaire, centrée sur l’analyse des contraintes mécaniques pouvant être à l’origine de la douleur. Elle commence par l’identification des facteurs biomécaniques susceptibles de favoriser la surcharge du tibia, notamment au niveau du pied, de la cheville et de l’ensemble de la chaîne de la marche et de la course. L’accompagnement vise ensuite à adapter l’activité physique et à guider une reprise progressive et sécurisée, en tenant compte de la tolérance du patient à l’effort. La prise en charge peut inclure un travail visant à améliorer la mobilité et la fonction des articulations sollicitées, ainsi que la proposition d’exercices adaptés de renforcement et de stabilité. Lorsque certains signes évoquent une pathologie plus sévère ou nécessitant des examens complémentaires, le chiropracteur oriente le patient vers d’autres professionnels de santé. Quelle que soit la situation, la prise en charge repose toujours sur une adaptation raisonnée des charges d’entraînement et le respect des temps de récupération, indispensables au processus de guérison.

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