Le ministère publie un « Dérivomètre » des pratiques de santé

Le ministère chargé de la Santé vient de mettre en ligne un nouvel outil destiné au grand public pour l’aider à s’interroger sur les pratiques et les discours auxquels il peut être confronté en matière de santé. Baptisé « Dérivomètre », il propose une série de situations classées du jaune au rouge. Un outil à regarder avec intérêt, mais aussi avec le recul nécessaire, notamment au regard des exigences de qualité et de sécurité que l’AFC défend pour la chiropraxie.

Du jaune au rouge : les critères retenus par le ministère 

Le principe est simple : plusieurs affirmations sont proposées au patient afin de l’aider à apprécier la relation qu’il entretient avec un praticien et à identifier d’éventuels signaux d’alerte.

L’outil propose trois niveaux de vigilance. Dans la zone jaune, « Je reste attentif », figurent notamment le fait que le praticien présente sa pratique, ses bénéfices et ses risques, recueille l’accord du patient ou l’oriente vers un professionnel de santé en cas de doute.

La zone orange, « Je reste vigilant », évoque notamment la remise en cause de la médecine, de la science ou des traitements, certains discours autour des « énergies » ou des « vibrations », l’incitation à modifier un traitement sans avis médical ou encore certaines formes de démarchage.

Enfin, la zone rouge, « Je me protège », rassemble les situations considérées comme les plus préoccupantes : demande d’arrêt d’un traitement médical, promesse de guérison « miracle », prétention à être le seul capable de soigner ou volonté d’éloigner le patient de son médecin ou de son entourage.

Découvrir le Dérivomètre

Une grille à regarder avec intérêt… et recul

Le Dérivomètre est avant tout un outil de sensibilisation destiné au grand public. Il ne constitue ni une norme professionnelle ni une grille d’évaluation de la qualité d’une prise en charge. Les situations présentées sont nécessairement simplifiées et doivent être appréciées dans leur contexte.

Pour autant, plusieurs des principes mis en avant font écho à ceux que l’AFC défend depuis longtemps: une information loyale du patient, son consentement, une communication mesurée sur les bénéfices attendus des soins, le respect des limites de notre champ d’intervention et la capacité à orienter lorsque la situation le nécessite.

À ce titre, cet outil peut aussi être l’occasion pour chacun de porter un regard sur ses propres pratiques, notamment sur certains discours ou modes de communication. 

Une reconnaissance qui reste à faire progresser

La chiropraxie reste aujourd’hui présentée par le ministère dans le champ des pratiques de santé dites non-conventionnelles. Cette classification demeure alors même que notre profession bénéficie d’un cadre réglementaire spécifique : titre protégé, formation réglementée, actes et conditions d’exercice encadrés et, depuis 2024, enregistrement des chiropracteurs au RPPS.

Ce nouvel outil illustre donc aussi le chemin qu’il reste à parcourir pour faire évoluer la perception et la place institutionnelle de notre profession.

L’AFC mène depuis plusieurs années un travail en ce sens. Faire progresser la reconnaissance de la chiropraxie suppose de continuer à démontrer la qualité de nos soins, la sécurité de nos pratiques et notre capacité à nous inscrire dans une approche responsable et coordonnée de la prise en charge des patients.

C’est en poursuivant collectivement ce travail que nous pourrons faire évoluer le regard porté sur la chiropraxie, obtenir une meilleure reconnaissance institutionnelle et améliorer progressivement sa place dans le parcours de soins.